Quand un graffiti remet en cause l’Histoire !

Un graffiti découvert récemment par des archéologues sur le mur d’une villa de Pompéi remet en cause la date de l’irruption du Vésuve que Pline le Jeune avait fixée au 24 août 79 ap.JC. Elle aurait eu lieu ou bien le “seizième jour avant les calendes de novembre” soit le 17 octobre de la même année 79 ou bien immédiatement après. Cette datation correspond mieux à la découverte déjà ancienne de baies et de grenades automnales dans de la lave. Que s’est-il passé exactement ? On peut douter que le graffiteur ait pris le temps d’écrire sa date au moment ou des tonnes de roches tombaient et ou la lave envahissait tout. L’a t-il écrit alors que le Vésuve grondait encore seulement de manière menaçante, voulu t-il faire oeuvre d’historien avant de partir en courant aprés avoir laissé son témoignage tracé lisiblement et sans hâte apparente ? Ce que signifie ce graffiti c’est que le 17 octobre [79] la ville était encore préservée. Le resta t-elle encore quelques heures, un jour, une semaine, plus ? D’autres graffitis nous le diront peut-être un jour.

Quand un graffiti remet en cause l'Histoire !


Sur les murs… histoire[s] de graffitis :

Le Centre des Monuments Nationaux organise une année 2018 au cours de laquelle les graffitis de certains de ses nombreux sites seront mis en valeur. C’est une initiative que l’on doit en particulier à Laure Pressac qui en fut l’initiatrice. Le Château de Vincennes abrite dans ce cadre une exposition passionnante qu’il faut se dépêcher d’aller visiter jusqu’au dimanche 11 novembre. Dans la Chapelle dite des “trois religions” car on pense y reconnaître dans des graffitis des symboles des trois religions monothéistes se trouve un poème à demi effacé. Il est dû à Philippe Sirice Bridel qui le publia en 1787 dans ses Poésies Helvetiennes, en voici la restitution :

Dans la nuit de la tombe un jour nous descendrons,
Le tems effacera nos noms
De la scène du monde.
Mais de l’obscurité profonde
Pourquoi serions-nous alarmés,
Nous reverrons tous ceux que nous avons aimés.

Celui qui l’a reprit y a peut-être trouvé un peu de réconfort, s’agit-il de l’homme dont l’auto-portrait orne le chambranle de la porte, ou bien encore d’Armand de Bartillat qui grava sa date d’arrivée dans cette cellule ( 27/7bre 1808) mais partit bien vite sans se soucier d’en indiquer la date (11/04/1809), trop pressé de quitter les lieux ?


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L'association du GR.GA (Groupe de recherche en Graffitologie Ancienne) à pour buts : préserver, étudier et publier les graffitis anciens