08. GRAFFITES EN GAULE LYONNAISE : CORPUS d’AUTIN, CHARTRES et SENS

Les recherches entreprises à Sens dans les réserves du CEREP ont permis de recenser 79 graffites incisés sur de la vaisselle en céramique d’époque gallo-romaine. Ces graffites s’ajoutent à ceux découverts à Chartres et Autun, soit plus de 670 graffites au total.

Toutes les marques anthropiques gravées, quelles soient épigraphiques ou anépigraphes, ont été inclues à l’étude. Toute la vaisselle céramique gallo-romaine a été prise en compte, à l’exception des amphores importées et des dolia. Des missions de prospection ont été organisées dans les collections archéologiques de la ville afin de retrouver les tessons gravés qui étaient mêlés aux autres morceaux de céramique.

Ce travail a aussi été l’occasion de réfléchir à la définition du graffite qui variait souvent d’une étude et d’un ouvrage à l’autre. Il nous a d’abord semblé important de conserver le sens étymologique du mot. Le mot graffito en italien tire son origine du verbe graffiare dont le sens est « griffer, érafler, rayer ». Pour la période antique, il nous a aussi paru essentiel de faire la distinction entre l’écriture par ajout de matière et celle par retrait de matière. En effet, si « graver » était à la portée de tous et que l’initiative ne nécessite aucun objet spécifique (une pointe solide convient parfaitement), il est beaucoup moins certain que « peindre » ou « écrire » à l’encre ait été une pratique aussi facile d’accès. D’abord parce que l’exercice exige des outils spécifiques (encre, encrier, calame, peinture, etc) mais aussi parce que l’encre et les pigments utilisés dans la peinture requièrent une préparation qui engendrait nécessairement des coûts supplémentaires. Cette réflexion nous a permis de conclure qu’un graffite est une marque gravée qui tire son origine d’un geste anthropique spontané et fonctionnel qui s’inscrit dans le cadre de la vie quotidienne quel que soit le contexte (Andrieu 2017, p. 31-35).

Le corpus de Sens a livré des messages alphabétiques, surtout des marques d’appartenance en alphabet latin. Pour l’instant aucun graffite en alphabet grec n’est à signaler. Des motifs et des indications chiffrées ont également été trouvés. Plusieurs graffites sortent du lot en raison de leur état de conservation. On trouve par exemple les anthroponymes SENI, SEGOMARV et OPTATA ainsi qu’une indication de volume sur une amphore régionale exprimée en modius et en sextarius.

Les recherches entreprises à Chartres et à Autun, ont permis d’établir des comparaisons avec les graffites trouvés à Sens. L’ensemble des résultats et leurs interprétations ont récemment été publiés aux Éditions Mergoil :
https://www.editions-mergoil.com/fr/monographies-instrumentum/160-graffites-en-gaule-lyonnaise-9782355180651.html?search_query=andrieu&results=1&

Par Morgane Andrieu
La communication dont ce texte est le résumé fait l’objet d’un copyright :
Graffites en Gaule Lyonnaise, Morgane Andrieu, éditions Mergoil, Tel : 03 45 44 04 44

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